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11 mars 2026

Les eurodéputés adoptent des nouvelles règles d’expulsion des sans-papiers avec une majorité de droite et d’extrême droite

Une demi-douzaine d’États membres, dont l’Allemagne et les Pays-Bas, ont déjà annoncé leur volonté de créer des « centres de retours » hors des frontières de l’UE, comme le permettra le nouveau règlement sur les « retours ».


Par Philippe Jacqué (Bruxelles, bureau européen)

9 mars 2026

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/09/immigration-les-eurodeputes-adoptent-des-nouvelles-regles-d-expulsion-des-sans-papiers-avec-une-majorite-de-droite-et-d-extreme-droite_6670157_3210.html

Jusqu’au bout, les libéraux de Renew, au Parlement européen, ont voulu croire que la plateforme majoritaire les unissant aux conservateurs du Parti populaire européen (PPE) et aux sociaux-démocrates (S&D) pourrait trouver un compromis autour du nouveau règlement « retour » afin d’encadrer les expulsions des migrants déboutés du droit d’asile. 


Lundi 9 mars, en commission des libertés publiques, leur compromis n’a pas été soutenu.

C’est un autre compromis, plus radical, proposé par le PPE, qui a été validé, cette fois avec les voix des conservateurs et de l’ensemble des groupes d’extrême droite, dont les Patriotes pour l’Europe, qui compte le Rassemblement national dans ses rangs. « Après des mois de négociations, ce vote va nous permettre de reprendre le contrôle sur la politique migratoire, afin de faire en sorte que ceux qui sont irrégulièrement sur le sol de nos pays soient enfin reconduits », a de suite salué François-Xavier Bellamy, du PPE, qui a orchestré cette majorité alternative. Pour lui, « ce règlement n’est pas un texte de plus : il est la condition pour rétablir l’autorité du droit ». Cela s’est fait en « réduisant les droits » des migrants, se sont indignés les sociaux-démocrates.


Si le Parlement doit encore valider le texte en session plénière, les eurodéputés ont encore durci le texte voulu par les États et la Commission européenne. Cette mesure vient compléter l’ensemble des nouvelles règles de gestion de l’immigration du pacte asile et migration, qui doit entrer en vigueur d’ici trois mois – deux ans tout juste après son vote, en 2024« Les retours constituent un élément essentiel d’un système de gestion des migrations qui fonctionne bien », rappelait jeudi 5 mars, Magnus Brunner, le commissaire européen en charge du dossier migratoire.


Alors que le taux d’application des reconduites à la frontière reste relativement bas en Europe, entre 20 et 30 % selon les pays, les pouvoirs publics européens ont cherché à renforcer la législation afin de faciliter les expulsions. Dans le texte adopté par les parlementaires, les départs volontaires seront certes encouragés, mais si les personnes refusent de quitter le territoire européen, ils risquent d’être détenus dans des centres de rétention, et ce, jusqu’à vingt-quatre mois.

Si Magnus Brunner estimait ce nouveau règlement « ferme, mais juste », ce texte « transforme les expulsions en option par défaut pour les personnes en situation irrégulière, malgré la position de longue date de la Commission selon laquelle des solutions plus humaines, telles que le départ volontaire, devraient être privilégiées », regrette l’ONG Picum, qui défend les migrants et a réuni près d’une centaine d’ONG qui condamnent la nouvelle législation.


Le règlement « élargit considérablement le recours à la détention des migrants » et introduit « des mesures punitives sévères, telles que des interdictions d’entrée pouvant aller jusqu’à dix ans, contre cinq ans auparavant, prolongeables de cinq ou dix ans supplémentaires en cas de risques pour la sécurité ». Pour Sarah Chander, directrice de l’Equinox Initiative for Racial Justice, « l’ironie de la situation actuelle est que l’Union européenne met discrètement en place un cadre d’expulsion similaire à celui de l’ICE », le service américain de l’immigration et des douanes.

« Renforcer des systèmes opaques »

Surtout, la nouvelle législation autorise, une fois adoptée, des « plateformes de retours » installées hors du continent européen. « Ces dispositions comportent de graves risques de violations systématiques des droits humains, notamment la détention automatique et arbitraire, le refoulement direct et indirect, la torture et autres traitements inhumains et dégradants des pays tiers », s’inquiète Olivia Sundberg Diez, responsable des questions migratoire à Amnesty International.


A contrario, pour les promoteurs de ces solutions dites « innovantes », ce nouveau cadre légal marque un nouveau succès. « Pendant des années, nous avons bataillé pour imposer ces idées dans le débat public, puis, nous avons travaillé pour faire évoluer la législation, salue un diplomate européen favorable à ce type de solutions. Désormais, il faut démontrer que cela peut fonctionner. »

Plusieurs pays souhaiteraient créer des « centres de retour », qui auraient, selon eux, le mérite de dissuader des migrants de refuser tout retour dans leur pays d’origine. Le 5 mars, les ministres de l’intérieur de l’Allemagne, de l’Autriche, du Danemark, de Grèce et des Pays-Bas se sont réunis à Bruxelles pour s’organiser. « Un noyau de cinq pays a lancé ces discussions sur les retours, confirme Bart van den Brink, le vice-premier ministre néerlandais. Nous sommes encore dans une phase exploratoire, qui implique des discussions avec des pays hors d’Europe. »


Alors que les Pays-Bas ont déjà signé, le 25 septembre, une lettre d’intention pour ouvrir un centre de retour en Ouganda, ces Etats cherchent les leviers qu’ils pourraient activer pour que des Etats tiers acceptent ce type de centre sur leur territoire. « Il y a toute l’aide bilatérale que nous apportons déjà à certains pays, notamment en Afrique, par exemple, mais ce n’est pas notre seul levier, confie une diplomate. Il y a aussi la possibilité de créer des voies légales d’entrée dans nos pays pour les populations de ces pays. ».

Alors que l’Italie dispose déjà de centres installés en Albanie, où 90 personnes attendent leur sort, d’autres pays réfléchissent à l’établissement de tels centres, à l’image de la Finlande ou de la Suède, au grand dam des ONG.« Cette approche non seulement externalise les responsabilités de l’Europe en vertu du droit international relatif aux réfugiés et aux droits humains, mais elle risque également de renforcer des systèmes opaques de détention illimitée, s’inquiète Silvia Carta, de Picum. Nous exhortons les dirigeants européens à abandonner ces projets et à investir plutôt dans des mesures de régularisation, comme celle annoncée en Espagne, et dans l’octroi d’un plus grand nombre de permis de travail décents. Ces mesures profitent à tous, et il est grand temps que l’Europe le reconnaisse. »

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29 avril 2018

Grèce : Décision de la Cour d'Etat et revirement du gouvernement

Grèce : les nouveaux demandeurs d’asile pourront désormais circuler dans tout le pays

Voir : InfoMigrants


En Grèce, les demandeurs d'asile sont de nouveau soumis au confinement sur les îles


Voir : InfoMigrants

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27 avril 2018

Migreurope : Procès des « Moria 35 » sur l’île grecque de Chios

Dans la continuité de l’intérêt que porte Migreurop aux révoltes dans les camps et aux mobilisations des exilé·e·s, le réseau participe aux observations internationales du procès de Moria, dans lequel 35 personnes sont poursuivies pour avoir dénoncé leurs conditions de détention inhumaines lors d’une manifestation. Fort de son expérience en matière d’observations judiciaires, le réseau Migreurop – qui a pris position pour la fermeture de tous les camps d’étrangèr·e·s – assiste à ce procès, symbole de l’iniquité des politiques migratoires mises en œuvre par les États membres de l’Union européenne (UE). Par sa présence et la production de comptes-rendus quotidiens, il soutiendra les luttes des exilé·e·s en contribuant à les rendre visibles.

Le 18 juillet 2017, 35 résidents du hotspot de Moria sur l’île de Lesbos en Grèce ont été arrêtés à la suite d’une manifestation organisée quelques heures plus tôt dans le camp et à laquelle plusieurs centaines d’exilés avaient participé pour protester contre leurs conditions de vie indignes et inhumaines.

Migreurope

Voir aussi  le compte rendu d’audience de Giorgos Pagoudis à Chios pour le quotidien grec Journal de Rédacteurs (Efimerida tôn Syntaktôn)

efsyn.gr et Ici

Sur les conditions de vie dans le hotspot de Moria et sur les conséquences de l’accord UE-Turquie : Voir le rapport du Gisti « Accord UE-Turquie, la grande imposture - Gisti », juillet 2016
Gisti
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Supplément d’information au 28/04/2018 concernant le déroulement du procès de 35 de Moria
 (Traduction du reportage de Giorgos Pagoudis, correspondant à Chios du quotidien grec du Journal de Rédacteurs )
Lors du troisième jour d’audience du procès de 35 de Moria, les témoignages à charge de policiers ont été démentis par plusieurs éléments dont des documents audiovisuels. Les vidéos projetés ont en effet montré que l’affirmation du commandant de la brigade de CRS selon laquelle ce jour du 18 juillet 2017 des vents violents  soufflaient  sur l’île et risquaient de transformer les feux de poubelles en véritable incendie incontrôlable qui aurait pu mettre en danger la vie des résidents de Moria, n’avait aucun fondement. Qui plus est, dans les vidéos, on ne voit à aucun moment  les réfugiés qui vont être arrêtés en train de lancer des pierres contre les forces de l’ordre. 
Un autre point qui sape complètement la crédibilité de la version policière des faits est l’heure des arrestations qui se situe pour la plupart des prévenus après 16h. Or selon les témoignages concordants des témoins de la défense les incidents étaient déjà terminés à 15h càd au moins une heure avant l’arrestation des accusés, ce qui veut dire qu’il est impossible qu’ils  aient été pris sur les faits comme les prétendent les policiers. Tandis que pour d’autres prévenus, il y a des témoignages comme quoi ils étaient ailleurs à l’heure des incidents, soit à des rdv médicaux, soit en train de participer à des activités de  groupe, organisées par des volontaires. 
Le témoignage d’un pompier volontaire est particulièrement accablant pour la version policière : il affirme que deux des supposés incendiaires étaient à ses côtés participant aux efforts à éteindre le feu en train de se répandre dans l’oliveraie qui entoure le camp de Moria. « Ces deux personnes étaient des pacificateurs, calmes et polies » a dit le témoin. Et il avait ajouté que l’un d’entre eux avait déjà obtenu l’asile et il restait à Moria pour participer au  travail volontaire,  en attendant de trouver un toit à Athènes. 
Lors de leurs plaidoyers cinq accusés ont refusés toutes les accusations et ont dénoncé la violence démesurée de la police, tout en insistant sur le fait qu’ils n’ont été arrêtés qu’au moment où ils sortaient des containers où ils étaient restés longtemps après la fin des incidents. Particulièrement remarquable fut l’apologie de Ali Sequa, originaire de Gambie qui avait dit entre autres : « en Afrique nous savons que c’est bien en Grèce que la démocratie a vu le jour. Mais, il paraît que dans votre démocratie il n’y a pas de place pour les noirs ». (La plupart des prévenus sont originaires de l’Afrique noire).
Quant à l’état déplorable  de la qualité de traductions, il suffit de mentionner que la traductrice en anglais faisait tant des fautes que la présidente de la Cour s’était vu obligée de la remplacer par un policier connaissant parfaitement l’anglais ! 
=>  le verdict est tombé : les 35 de Moria  ont quittés le tribunal,  libres : trois acquittés de toute accusation et les 32 autres, reconnus coupables d’avoir provoqué des lésions corporelles graves à onze policiers,  avec des peines de 26 mois de prison avec  sursis de trois ans.  Les 32 comptent faire appel.  


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28 mars 2018

AQUARIUS - Journal de bord

COMMUNIQUE « SOS MEDITERRANEE préoccupée face à une nouvelle étape franchie dans la criminalisation de l’aide humanitaire en mer, exprime sa solidarité envers les sauveteurs d'Open Arms. »





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26 mars 2018

Cela fait bien longtemps que la "guerre aux migrants" n'est plus une métaphore ...

Cela fait bien longtemps que la "guerre aux migrants" n'est plus une métaphore mais s'incarne dans dispositifs et matériels. Une enquête de EUROPEAN INVESTIGATIVE COLLABORATIONS décrit comment des fonds de l'UE ont servi à l'armée turque pour acheter des équipements (véhicules blindés notamment) utilisés aux frontières turco syriennes et turco-grecques.
Afin de rendre plus hermétiques encore ces frontières, lieux de toutes les violences, "l'Union européenne a donné son feu vert pour le versement du deuxième volet de l'aide promise à la Turquie. Trois nouveaux milliards d'euros vont être versés à Ankara".

Emmanuel.

L’Europe paye des équipements militaires à la Turquie pour refouler les réfugiés
24 mars 2018 Par John Hansen (Politiken), Emilie Ekeberg (Danwatch) et Sebnem Arsu (The Black Sea)

Mediapart et l’EIC révèlent que l’argent de l’Union européenne a permis à la Turquie de s’équiper en véhicules blindés afin d’empêcher le passage de réfugiés à sa frontière avec la Syrie. Cette opération pourrait avoir causé de nombreuses victimes parmi les Syriens tentant de fuir la guerre, alors que la prise d’Afrin par l’armée turque va pousser encore des milliers de personnes sur la route de l’exil.
Quand les soldats turcs ont ouvert le feu, Ibrahim Khaled a pris sa mère par la main et s'est mis à courir. Il a entendu le cliquetis des armes à feu, entendu les cris des réfugiés frappés par les balles, et a été projeté à terre. Khaled ne s'est pas retourné. « J'ai senti que si je m'arrêtais là, je serais tué ou arrêté », dit-il.
Pendant des heures, Khaled et sa mère ont couru dans la direction que le passeur leur avait indiquée. Ils ont marché à travers des champs d'oliviers, ont rampé sur des pierres jusqu'à atteindre un village turc. De la soixantaine de réfugiés qui avaient quitté le camp près de Darkush, dans la province syrienne d'Idlib, seule une poignée a traversé la frontière. Khaled ne sait pas ce qui est arrivé aux autres. Ils sont probablement morts ou de retour en Syrie, pense-t-il. « Nous avons eu de la chance. »
Khaled est assis dans un appartement nouvellement construit en périphérie de Mersin, dans le sud-est de la Turquie, où lui et sa mère ont trouvé refuge après leur fuite à l'automne dernier. Il porte un jean déchiqueté et un pull qu'un voisin lui a donnés. Ses yeux sont fatigués, son front est plissé de rides. Khaled s'est longtemps posé la question de savoir s'il devait parler avec des journalistes des violences à la frontière turco-syrienne. Il a peur que les autorités turques ne se vengent sur lui. Dernièrement, il a accepté de nous accorder une interview à la condition que son nom soit changé. « Je veux que le monde sache ce qui nous arrive à nous, Syriens », dit-il. ...

Voir MEDIAPART : L’Europe paye des équipements militaires à la Turquie pour refouler les réfugiés